Histoire des établissements Battard
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De la propriété terrienne au négoce de denrées coloniales

La famille Battard était installée à Ville-Pommeroeul depuis le début du XVIIIe siècle. La famille disposa progressivement de nombreuses terres agricoles dans la campagne environnante et les exploita directement ou par fermage. Dans le prolongement direct de cette activité liée à la terre, François Battard (1836-1891) commença l’exploitation d’une torréfaction de chicorée.

Encouragés par la densification du maillage commercial et la circulation rapide des marchandises, de nombreux négoces en denrées coloniales virent le jour. Les négociants, ou commerçants de gros, bénéficiaient d’une position avantageuse, de par leur position centrale entre des producteurs et des détaillants de petite taille.

François_Battard1

Inventaire_1872

C’est cette voie que choisit François Battard lorsqu’il élargit son assortiment à une gamme d’articles importés (café, riz, chocolat) ou fabriqués localement (sucre, papier, savon). Outre la chicorée, certaines denrées étaient en outre transformées dans ses propres installations (froment, farine). Un inventaire de 1872 nous en offre un aperçu. Après quelques années de fonctionnement, Battard entreposait déjà plusieurs dizaines de tonnes de marchandises variées.

François Battard mourut après 25 ans de direction. Il laissait à son fils, également prénommé François (1862-1947), une entreprise en pleine extension. Ce dernier allait par ailleurs s’illustrer dans la vie politique locale, puisqu’il allait être bourgmestre de Ville-Pommerœul de 1896 à 1946.

 

Francois_Battard2
camion_1930s

 

La Société entama le soutirage des vins et la torréfaction du café. Elle érigea de nouveaux entrepôts à Ville-Pommerœul en 1905. Plutôt que de rester cantonnée au négoce pur, elle développa dans sa région un réseau de succursales à l’enseigne Battard. Le principe du succursalisme supprimait les intermédiaires pour desservir à partir de l’entrepôt central une multitude de petits magasins. Il permit au grossiste de s’insérer dans le tissu commercial des plus modestes bourgades, alors que la centralisation de la gestion favorisait une planification des implantations et une rationalisation des types de produits et de leurs prix.

 

Marque_coq
Parallèlement, l’entreprise se construisit une image et une identité, par le dépôt de marques successives.
marque_chicoree
     

D'une guerre à l'autre

 

 

François Battard participa en 1919 à la constitution à Bruxelles, d’une coopérative d’achat de grossistes, la Fédération des Négociants Belges en Denrées Coloniales, réunissant quinze négociants implantés dans toute la Belgique, de Couvin à Saint-Trond, et d’Hasselt à … Ville-Pommeroeul. Certaines commandes étaient effectuées directement par la centrale, et les ristournes perçues chez les fournisseurs étaient réparties entre les coopérateurs.

En 1925, l’entreprise changea de forme, pour devenir la Société en nom collectif François et Michel Battard, sous l’appellation Etablissements F. Battard. Michel Battard (1891-1963), représentant la troisième génération, entra en activité après la première guerre.

Michel Battard

 

La vente en vrac des cafés Battard aux épiceries connut un important développement. Comme le montre l’en-tête de cette lettre de 1920, Battard se spécialisa aussi en vins et spiritueux, en bières étrangères, et en liqueurs fines distillées au siège, lequel disposait en outre d’ateliers de torréfaction et de fumaison de jambons.

entete_1920

Le charroi s’était motorisé. Une flotte de camions à pneus pleins et floqués de la marque « Battard » effectuait les tournées.
flotte_camions


La seconde guerre mondiale apporta à nouveau son cortège de privations et de désorganisation. Les activités commerciales se poursuivirent autant que possible. Quelques pillages furent commis par des soldats allemands, comme à Saint-Ghislain, dans le magasin géré par Mme Estiévenart.

Lettre_1940

 

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